Plan d’unification militaire de la Chine (5): Scénario hypothétique d’une guerre totale entre la Chine et les États-Unis

(Plan de recherche)

Date de prévisualisation

29 mars 2023

Date de mise à jour

9 septembre 2023

 

résumé:

Les États-Unis et leurs alliés ont mis en place de multiples plans de riposte pour contrer d’éventuelles actions militaires chinoises dans le détroit de Taïwan en 2026. Ces plans visent tous à minimiser les pertes politiques et à empêcher la Chine d’accroître son influence. Cependant, un décalage persiste entre la perception des responsables politiques et l’opinion publique. Cette dernière constitue le principal obstacle à la négociation préventive. Les obstacles juridiques nationaux et internationaux, ainsi que l’imprévisibilité du résultat, entravent également la mise en œuvre d’une dissuasion préventive. Dans les plans de riposte post-événement, des sanctions politiques et économiques globales constituent le fondement de la réponse de l’alliance dirigée par les États-Unis. Toutefois, tout plan dépourvu de riposte militaire ne peut stabiliser efficacement la situation intérieure, maintenir l’autorité de l’ordre impérial existant ni empêcher efficacement l’expansion rapide des gains géopolitiques de la Chine. Les risques liés à une stratégie militaire sont également manifestes. Maîtriser l’intensité du conflit et éviter des pertes militaires importantes pour l’un ou l’autre camp représente un défi majeur pour les responsables politiques des deux camps. L’avantage de la Chine réside dans sa capacité politique à choisir le moment et l’ampleur du conflit. La difficulté pour la coalition menée par les États-Unis de débarquer sur le sol chinois garantit également que la Chine ne subira pas une défaite militaire totale. L’avantage américain réside dans sa supériorité militaire et politique globale à l’échelle mondiale. La Chine n’a pas la capacité d’infliger des dommages significatifs aux États-Unis sur le plan national. Même si les forces militaires américaines se repliaient sur le continent américain, cela n’entraînerait pas un affaiblissement significatif de la puissance politique et économique des États-Unis. De nombreux facteurs confèrent aux États-Unis un avantage psychologique leur permettant d’intensifier proactivement leur riposte militaire, voire d’utiliser l’arme nucléaire en cas de conflit. Pour dissuader une guerre nucléaire, outre une compréhension politique pleinement rationnelle de la situation par les dirigeants des deux camps, il est peut-être encore plus important de mobiliser massivement la conscience antinucléaire des populations des deux pays.

Mots clés:

Guerre, détroit de Taïwan, unification, conflit sino-américain, réponse, niveau, plan, hypothèse

 

Suite aux actions militaires menées par la Chine dans le détroit de Taïwan en 2026, la coalition dirigée par les États-Unis a lancé une série de contre-mesures. Ces contre-mesures pourraient déclencher une guerre totale entre les États-Unis et la Chine. Il existe probablement trois scénarios différents d’une telle guerre entre la Chine (et sa coalition) et la coalition dirigée par les États-Unis. Ces trois scénarios diffèrent dans le détail, mais leur structure et leur évolution fondamentales sont très similaires. L’analyse qui suit s’attachera, autant que possible, à omettre les différences entre ces trois scénarios et à se concentrer principalement sur leur structure.

Un: Trois versions différentes.

  • Le plan militaire de pacification de l’alliance américaine a dégénéré en une guerre ouverte entre les deux camps.
  • Le groupe des États-Unis avait planifié de manière proactive et à l’avance une stratégie de guerre globale et exhaustive;
  • La guerre économique étouffante menée contre la Chine a incité cette dernière à lancer une guerre proactive et globale.

Deuxièmement: un personnage et un ton de guerre totalement nouveaux.

Nouveaux éléments historiques

Si une guerre à grande échelle devait éclater entre les États-Unis et la Chine, elle présenterait une caractéristique inédite en 3 000 ans d’histoire militaire: la priorité serait donnée à l’affaiblissement, voire à l’élimination, des capacités de guerre soutenues de l’adversaire, remplaçant ainsi l’approche précédente qui visait à détruire la puissance militaire ennemie.

Depuis la première guerre consignée dans les annales de la Chine ancienne, en passant par la Première et la Seconde Guerre mondiale, et même lors des conflits majeurs qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, l’objectif principal pour éliminer ou affaiblir les capacités militaires de l’ennemi a toujours été la destruction, l’anéantissement et la défaite de ses forces armées. Une défaite militaire totale pour l’un des camps entraînait la perte de ses capacités militaires et politiques.

Cette guerre imminente sera sans précédent, car elle se déroulera sans frappe militaire conventionnelle. De plus, cette frappe pourrait s’avérer plus complexe, diversifiée et brutale, risquant d’entraîner des pertes encore plus importantes. Attaques spatiales; opérations militaires fortement dépendantes des capacités spatiales; guerre au-delà de la portée visuelle; supériorité des forces terrestres sur les forces navales; manipulation politique généralisée du processus militaire; recours effectif à l’arme nucléaire ou à la dissuasion nucléaire dans un contexte de guerre imminente: cette série de nouvelles formes et caractéristiques militaires marquera durablement l’histoire.

Cependant, aucun de ces marqueurs militaires ne constitue la caractéristique fondamentale de cette guerre. La caractéristique fondamentale de ce champ de bataille réside dans…

Première guerre des nouvelles fonctionnalités

Il s’agissait de la première guerre d’envergure de l’histoire humaine visant à affaiblir la capacité de l’ennemi à poursuivre un conflit. L’importance de neutraliser les capacités militaires sur le champ de bataille et de tuer les militaires armés passa au second plan dans ce conflit.

 

Troisième partie: Les niveaux de réponse et le processus d’escalade de la guerre

3.1 Réponse de niveau 1: Harcèlement

La guerre de harcèlement peut figurer aussi bien dans les plans de pacification que dans les plans de guerre globale, devenant ainsi une composante commune aux deux.
Afin de coordonner leurs actions avec des sanctions politiques et économiques globales, les États-Unis et leurs alliés ont lancé une campagne de harcèlement multiforme contre la Chine, parallèlement à une guerre de propagande. Cette campagne a été marquée par des confrontations armées pouvant mener à un conflit militaire.
Durant cette phase d’intervention, les pays d’Europe occidentale, le Japon, la Corée du Sud et l’Australie constituent des atouts majeurs pour les États-Unis. Des foyers de troubles pourraient apparaître au Myanmar, en Thaïlande, en Inde, au Kazakhstan, aux Philippines, près de la frontière maritime sino-coréenne, aux abords des îles Diaoyu et de l’île Huangyan, le tout dans le but d’accroître la pression politique et militaire sur la Chine.
La Chine tentera d’influencer ou de soutenir les revendications politiques de la Turquie, de l’Iran, de la Syrie et de la Palestine en guise de réponse réciproque au harcèlement politique exercé par le bloc américain.
Cette phase ne durera pas longtemps car les États-Unis disposent d’un avantage considérable sur la Chine à ce stade du conflit. La Chine fera tout son possible pour éviter de se retrouver longtemps enlisée dans une situation défavorable. 

3.2 Réponse de niveau 2: Guerre de semi-contact ou guerre par procuration de faible intensité

Que ce soit la Chine ou les alliés asiatiques des États-Unis qui soient les premiers à intensifier leur riposte, des conflits armés de faible ampleur se produiront durant cette phase.
Durant cette phase, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud, les Philippines, l’Australie et le Myanmar pourraient tous devenir des atouts importants pour les États-Unis.
La Chine va sans aucun doute créer des foyers de conflit et semer le chaos en Europe. Elle aggravera le chaos de la guerre russo-ukrainienne et réactivera, voire intensifiera, le conflit israélo-palestinien. L’exploitation des zones de tension existantes et potentielles en Afrique du Nord et en Extrême-Orient deviendra également une option politique et militaire pour la Chine.
À proprement parler, ce niveau de conflit militaire demeure un effet secondaire de la guerre politique et ne présente pas les caractéristiques d’un conflit militaire indépendant et complet. Il constitue néanmoins une étape nécessaire et préparatoire à l’éclatement d’un véritable conflit militaire.

3.3 Réponse de niveau 3: Guerre chaude de basse intensité

Après une phase de transition et d’exploration impliquant une guerre de semi-contact ou des guerres par procuration de faible intensité, une guerre ouverte de faible intensité s’ensuivra inévitablement.

3.3.1 Les caractéristiques de classification de la guerre chaude de faible intensité:

Ce conflit armé de faible intensité a présenté des caractéristiques typiques des combats, avec de lourdes pertes humaines et matérielles. Aucun des deux camps n’a subi de pertes majeures, et aucune attaque d’envergure n’a ciblé l’économie nationale.

3.3.2 Membres dirigeants

Dans le cadre d’un conflit armé de faible intensité et à petite échelle, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie, l’Inde, les Philippines et le Myanmar pourraient tous constituer des atouts pour les États-Unis.

3.3.3 Le retrait de la Corée du Sud du processus de guerre

Que ce soit par choix ou par nécessité, la Corée du Sud se retirera des combats après un ou plusieurs conflits armés de basse intensité. Quel que soit l’état du conflit entre la Chine et les États-Unis, la Corée du Sud sera le premier pays de la coalition menée par les États-Unis à se retirer. Ce retrait marquera un recul significatif de l’influence politique américaine dans le pays. Ce repli politique et militaire des États-Unis sera difficile à rattraper après la guerre.

3.3.4 Inde et Myanmar

La frontière entre l’Inde et la Chine restera tendue mais calme. L’Inde n’interviendra que de manière superficielle en cas de conflit armé de faible intensité, voire n’entrera jamais dans une telle situation.
La situation générale du Myanmar est similaire à celle de l’Inde, mais plus instable. Il se pourrait qu’il ne rejoigne jamais l’alliance américaine, ou qu’il y joue un rôle plus actif que l’Inde.

3.3.5 Chine

La fréquence des contrôles et inspections menés par les pays alliés des États-Unis sur les navires de marchandises entrant et sortant des ports chinois en haute mer a considérablement augmenté. Les activités économiques de la Chine s’en trouvent fortement entravées. La Chine est intervenue ouvertement et massivement dans divers conflits politiques en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Extrême-Orient.

3.3.6 Europe

Le chaos est inévitable dans plusieurs zones sensibles d’Europe. Les troubles en Afrique du Nord et au Moyen-Orient s’intensifient. L’histoire des bouleversements frontaliers en Europe risque de se réactiver, de s’accélérer ou de s’aggraver.

3.4 Réponse de niveau 4: Guerre d’intensité modérée

3.4.1 Le redéploiement des troupes américaines stationnées au Japon et en Corée du Sud vers d’autres lieux

Le redéploiement des troupes américaines du Japon et de Corée du Sud est un indicateur caractéristique des préparatifs américains en vue d’une guerre de moyenne intensité. Le mouvement de troupes américaines, voire de leur flotte principale, du Japon vers les Philippines, Guam ou les îles de l’océan Indien peut être interprété comme un indicateur caractéristique des préparatifs américains en vue d’une guerre totale. De plus, il s’agit également d’un indicateur typique des préparatifs sino-américains en vue de guerres de moyenne et haute intensité.

3.4.2 La Chine n’a pas de plan militaire pour vaincre proactivement les États-Unis.

Lorsque la Chine lance son plan de réunification de Taïwan, elle n’a pas l’intention de mener une guerre d’initiative contre les États-Unis. Elle n’a pas non plus l’intention de vaincre les États-Unis en guise de riposte à une intervention militaire de la coalition menée par les États-Unis. De plus, la Chine n’empêchera pas le déploiement de forces militaires américaines et japonaises aux Philippines ou dans d’autres régions.

3.4.3 La cause profonde du retrait de la Corée du Sud de la guerre ne réside pas dans la Chine.

La Corée du Sud n’a pas les moyens de s’engager dans une guerre d’intensité moyenne et ne peut pas redéployer ses forces navales aux Philippines. Son retrait d’un tel conflit s’explique principalement par son incapacité politique à le supporter. La Corée du Sud pourrait déclarer sa neutralité et se retirer des installations militaires américaines sur son territoire sans subir de pertes navales importantes.

3.4.4 Le processus de désaméricanisation du Japon commence.

Qu’il s’agisse d’une initiative proactive ou d’une conséquence passive d’une attaque chinoise, dès lors que le bloc chinois et le bloc américain s’engagent dans une guerre de moyenne intensité, la démilitarisation du Japon vis-à-vis des États-Unis est inévitable. Ce démantèlement amorce également le processus politique de désaméricanisation du Japon.

3.4.5 L’implication proactive de la Chine dans des opérations complexes en Europe, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

Des processus de coopération plus complexes et approfondis entre la Chine et la Russie, la Chine et l’Iran, la Chine et la Turquie, la Chine et les pays arabes, la Chine et la Syrie, et la Chine et l’Égypte pourraient être initiés au cours de cette étape.

3.5 Réponse de niveau 5: Guerre majeure

3.5.1 Le risque de retrait du Japon du champ de bataille

Quelle que soit l’ampleur des dégâts qu’une guerre d’intensité moyenne infligerait à la Chine, elle constituerait un tournant historique. Elle amorcerait un retrait progressif de l’influence militaire et politique américaine du Japon. Dès lors qu’il deviendra évident que les États-Unis ne peuvent empêcher l’expansion géopolitique de la Chine lors d’un conflit majeur, le retrait du Japon sera inévitable.

3.5.2 L’opportunité pour les États-Unis de maintenir leur présence en Asie du Nord-Est

La possibilité de stopper le retrait américain en Asie du Nord-Est repose sur une victoire américaine contre la Chine lors d’une guerre majeure et sur un arrêt effectif de l’expansion politique et géopolitique chinoise. Cette opportunité est difficile à prévoir et à maîtriser, et dépend fortement du hasard.

3.5.3 L’Europe ne peut pas s’engager pleinement dans la guerre en Asie.

La guerre russo-ukrainienne a, de fait, relancé l’histoire des manœuvres frontalières entre pays européens. Nombre de nations ont déjà achevé leurs préparatifs psychologiques, voire politiques, pour s’engager dans cette histoire tumultueuse. Dès que la Chine et les États-Unis se prépareront à une guerre majeure, les tensions frontalières en Europe s’accéléreront et s’intensifieront. Pour la Chine, initier et accélérer le processus de démantèlement des pouvoirs en Europe est une mesure nécessaire pour empêcher l’Europe de rejoindre le champ de bataille asiatique.

3.5.4 Il est difficile d’imaginer que les États-Unis aient une chance de gagner une guerre majeure.

La Chine ne subit aucune pression pour maintenir sa structure de puissance et, par conséquent, aucune pression pour rechercher une victoire totale. Ce fait lui confère l’initiative politique dans le choix de son champ de bataille. Sur ce champ de bataille, les États-Unis n’ont aucune possibilité de débarquer sur le sol chinois, ce qui les prive de la possibilité de vaincre complètement la Chine. Dès lors que la Chine et les États-Unis s’engagent dans une guerre d’usure, le processus de démantèlement de l’ordre impérial américain est déjà amorcé.

3.5.5 Les États-Unis ne subiront pas d’échec au niveau national.

Même en cas de guerre majeure, les États-Unis ne subiront pas de défaite au niveau national. La Chine n’a ni la force ni la détermination nécessaires pour vaincre les États-Unis sur ce plan. Cependant, le principal problème auquel sont confrontés les États-Unis réside dans la pression exercée pour maintenir l’ordre impérial.

3.5.6 Les chances des États-Unis de vaincre la Chine dans une guerre majeure.

Les États-Unis ont une chance de vaincre la Chine dans une guerre totale: celle d’utiliser l’arme nucléaire.

3.6 Options de guerre nucléaire

L’éventualité d’une guerre nucléaire entre les États-Unis et la Chine ne peut être exclue.
Le recours à l’arme nucléaire est une option inévitable dans l’escalade du conflit entre la Chine et les États-Unis.

3.6.1 Options pour les États-Unis afin de maintenir l’ordre impérial

 

Tableau 1: Plan américain et prévisions de résultats

 

Maintenir une influence sur Taïwan

Maintenir l’ordre européen

Coopération Chine-États-Unis en Asie du Nord-Est

Maintenir une présence en Corée du Sud

Maintenir une présence au Japon

plan de négociation préalable

N

Plan militaire de Jing Sui

N

Guerre chaude de basse intensité

N

Guerre chaude d’intensité moyenne

N

N

N

? / N

Guerres majeures

N

N

N

? / N

guerre nucléaire

N

3.6.2 Les États-Unis sont confrontés à des risques importants dans les conflits militaires conventionnels.

Le tableau 1 compare clairement les risques auxquels sont confrontés les États-Unis. Si le conflit et les réactions entre la Chine et les États-Unis dépassent le cadre de l’« accord de paix préventif » et du « plan de pacification militaire », les États-Unis risquent de voir la Corée du Sud et le Japon se retirer de leur alliance militaire. Seule l’option de la guerre nucléaire pourrait permettre d’éviter ces risques.
Si les États-Unis ont une forte volonté de maintenir l’ordre impérial existant, l’option de la guerre nucléaire constitue un véritable moyen de pression.

3.6.3 Les États-Unis ont un avantage psychologique à intensifier proactivement la guerre.

Les États-Unis sont au cœur de l’ordre impérial actuel et disposent d’une puissance bien supérieure à celle de la Chine (et de son ensemble) en termes de déploiement mondial et d’alliés. Dans les régions hors de portée des missiles de moyenne portée chinois, les États-Unis jouissent d’une supériorité militaire et politique considérable. Il est peu probable que la Chine inflige une défaite militaire aux États-Unis sur le plan national. Même en cas de défaite militaire majeure ou d’effondrement de l’ordre impérial, le repli des forces américaines sur le continent américain suffirait à prévenir un affaiblissement significatif de leur puissance nationale réelle. La désintégration de l’ordre militaire impérial actuel ne se traduirait pas nécessairement par une perte importante de la puissance économique et politique américaine. De nombreux facteurs expliquent que les États-Unis ne craignent pas réellement une défaite militaire dans un conflit avec la Chine. Ces mêmes facteurs leur confèrent un avantage psychologique qui leur permet d’intensifier proactivement le conflit.

3.6.4 Facteurs qui dissuadent les options nucléaires

(1. Dissuasion habile) Les responsables politiques chinois et américains doivent maintenir une maîtrise totale du processus de guerre et veiller à la coordination des capacités politiques et militaires des commandants en première ligne. Parallèlement, la Chine et les États-Unis doivent éviter d’infliger des dommages militaires importants à l’autre camp. Par exemple, ils ne doivent pas couler les porte-avions de l’un ou l’autre camp et ne doivent pas infliger plus de 5 000 pertes à l’adversaire lors d’une seule bataille.
(2. Dissuasion substantielle
La Chine doit divulguer ou révéler de manière substantielle plus de 3 500 ogives nucléaires avant de lancer une action militaire contre Taïwan, afin de dissuader l’option nucléaire de l’opinion publique des États-Unis et de leurs alliés.

 

résumé

Les États-Unis et leurs alliés disposent de plusieurs plans de riposte en cas d’opération militaire chinoise potentielle à travers le détroit de Taïwan en 2026. Ces plans visent tous à minimiser les pertes politiques et à empêcher la Chine d’accroître son influence géopolitique. Cependant, un décalage persiste entre la perception des responsables politiques et l’opinion publique. Cette dernière constitue le principal obstacle à un plan de négociation de paix préventif. Les obstacles juridiques nationaux et internationaux, ainsi que l’imprévisibilité du dénouement, empêchent également la mise en œuvre d’un plan de dissuasion préventive. Dans les plans de riposte post-événement, des sanctions politiques et économiques globales constituent le fondement de la réponse de l’alliance dirigée par les États-Unis. Toutefois, tout plan dépourvu de riposte militaire ne peut stabiliser efficacement la situation intérieure, maintenir l’autorité de l’ordre impérial existant ni empêcher efficacement l’expansion rapide des gains géopolitiques de la Chine. Les risques liés à une option militaire sont également évidents. Maîtriser l’intensité du conflit et éviter des pertes militaires importantes pour l’un ou l’autre camp représente un défi majeur pour les responsables politiques des deux camps. L’avantage de la Chine réside dans sa capacité politique à choisir le moment et l’ampleur du conflit. La difficulté pour l’alliance menée par les États-Unis de débarquer en territoire chinois garantit également que la Chine ne subira pas une défaite militaire totale. L’avantage des États-Unis réside dans leur supériorité militaire et politique globale à l’échelle mondiale. La Chine n’a pas la capacité d’infliger un coup significatif aux États-Unis au niveau national. Cela confère aux États-Unis un avantage psychologique leur permettant d’intensifier proactivement leur riposte militaire, voire de déployer l’arme nucléaire en cas de conflit. Pour dissuader une guerre nucléaire, outre une compréhension politique pleinement rationnelle entre les dirigeants des deux camps, il est peut-être encore plus important de mobiliser massivement le sentiment antinucléaire au sein des populations des deux pays.